La tension se poursuit entre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et certains acteurs de la majorité présidentielle autour du débat sur la révision de la Constitution et la situation politique en République démocratique du Congo.
Intervenant publiquement, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a fermement rejeté les accusations selon lesquelles les évêques catholiques seraient influencés par l'ancien président Joseph Kabila ou par le Rwanda.
« Dire des évêques qu'ils sont manipulés par Kagame et Kabila, c'est une insulte aux évêques », a déclaré le prélat, en réaction aux critiques formulées ces derniers jours par certaines personnalités proches du pouvoir.
Mgr Nshole a estimé que ces accusations relèvent davantage de la polémique politique que d'un débat de fond.
Selon lui, l'Église catholique conserve son indépendance et continue d'intervenir dans l'espace public au nom de sa mission pastorale et de son engagement en faveur du bien commun.
Dans une déclaration aux accents fermes, il a également renvoyé la critique à ses auteurs :
« Justement, on se demande s'ils n'ont pas un deal avec le Rwanda. Prenez la partie où vous êtes et laissez-nous de l'autre côté ici », a-t-il lancé.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par des divergences croissantes entre la CENCO et certains responsables de l'Union sacrée.
Les évêques ont récemment réaffirmé leur opposition à toute modification de la Constitution de 2006, estimant qu'elle ne constitue pas une priorité face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
De son côté, la majorité présidentielle continue de défendre le débat sur les réformes institutionnelles, tandis que l'opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent toute initiative susceptible d'ouvrir la voie à une révision constitutionnelle.
Ces échanges illustrent la montée des tensions entre le pouvoir et l'Église catholique, acteur influent de la vie publique congolaise, à quelques mois d'échéances politiques importantes pour le pays.
Abdoul Madjid Koyakele
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