Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a salué la décision du gouvernement de la République démocratique du Congo de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) contre le Rwanda.
Dans une déclaration publiée ce samedi 27 juin 2026 sur son réseau social X, il estime que cette initiative constitue une étape majeure dans la quête de vérité, de justice et de réparation pour les victimes des conflits qui frappent l'est du pays depuis près de trois décennies.
Le médecin congolais a félicité les autorités de Kinshasa pour avoir engagé cette procédure devant la plus haute juridiction des Nations unies, afin de dénoncer les violations présumées du droit international et des droits humains attribuées au Rwanda ainsi qu'aux groupes armés que la RDC accuse d'avoir bénéficié de son soutien.
« Nous saluons le dépôt de la requête soumise auprès de la Cour internationale de justice par le ministre de la Justice et garde des Sceaux de la RDC, dénonçant les violations du droit international et des droits humains commises par le Rwanda directement et par le truchement des groupes armés sous son contrôle (AFDL, RCD, CNDP, M23/AFC) en RDC de 1996 à nos jours », a écrit Denis Mukwege.
Tout en soutenant cette démarche judiciaire, l'ancien candidat à la présidence de la République estime qu'elle doit être complétée par d'autres mécanismes internationaux afin d'établir les responsabilités pénales individuelles des auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
« En complément de cette procédure initiée devant la CIJ, nous continuons à exhorter la Cour pénale internationale à poursuivre ses enquêtes et ses poursuites pour établir la responsabilité pénale individuelle des auteurs présumés des crimes relevant du Statut de Rome, en privilégiant la responsabilisation des chaînes de commandement militaire et politique », a-t-il plaidé.
Le docteur Mukwege appelle également les États à mettre en œuvre le principe de la compétence universelle afin de poursuivre les personnes soupçonnées de crimes internationaux. Il invite par ailleurs les autorités congolaises à engager une véritable politique de justice transitionnelle.
« Enfin, nous appelons les États à exercer le principe de la compétence universelle et le gouvernement congolais à mettre en œuvre une stratégie nationale de justice transitionnelle, incluant l'établissement d'un Tribunal pénal spécial pour le Congo tel que proposé par le Rapport Mapping des Nations unies », a-t-il poursuivi.
Pour le Prix Nobel de la paix, la lutte contre l'impunité demeure une condition essentielle pour prévenir de nouveaux conflits et construire une paix durable en République démocratique du Congo.
« Il y a urgence à établir les liens étroits entre la prévention des conflits, la justice transitionnelle et la consolidation de la paix », a insisté Denis Mukwege.
Cette prise de position intervient après le dépôt officiel, à La Haye, de la requête de la RDC devant la Cour internationale de Justice par le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
À travers cette procédure, Kinshasa affirme son attachement au règlement pacifique des différends, à la primauté du droit international et à la lutte contre l'impunité.
Selon le ministre de la Justice, la RDC entend faire prévaloir le droit sur la force, obtenir justice pour les victimes des crimes commis sur son territoire et contribuer à l'instauration d'une paix juste, durable et fondée sur la responsabilité.
Depuis la résurgence de l'AFC/M23 dans l'est du pays, les autorités congolaises soutiennent que leur riposte s'étend désormais aux fronts diplomatique, militaire et judiciaire, avec pour objectif de documenter les violations du droit international, poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves et obtenir réparation pour les préjudices subis par la République démocratique du Congo.
Abdoul Madjid Koyakele
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.
Laisser un commentaire