Longtemps considérée comme un métier peu valorisant, la mécanique automobile connaît aujourd'hui un véritable regain d'intérêt à Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi. L'évolution du parc automobile et les besoins croissants en maintenance ont progressivement transformé cette activité en une source de revenus stable pour de nombreux artisans.
Rencontré dans son atelier ce dimanche 12 juillet 2026, Ibrahim Nduaya, mécanicien d'une soixantaine d'années, revient sur un parcours de plus de quatre décennies consacré à ce métier. Formé en 1980 par un enseignant belge, M. Gauthier, il affirme que cette profession lui a permis de subvenir aux besoins de sa famille durant toute sa carrière.
Originaire du village Ndemba, dans le territoire de Tshibote, au Kasaï-Central, Ibrahim Nduaya se souvient des débuts difficiles de son installation à Gemena, où la profession souffrait d'une image négative.
« Vers les années 1997, lorsque je suis arrivé à Gemena, les mécaniciens étaient souvent considérés comme des personnes sales et la mécanique comme un métier réservé aux gens malpropres », raconte-t-il.
Selon lui, cette perception a profondément changé au fil des années. L'augmentation du nombre de véhicules dans la ville a entraîné une demande croissante en services de réparation, faisant de la mécanique un secteur porteur.
« À l'époque, un mécanicien pouvait passer six mois, voire davantage, sans réparer un seul véhicule. Aujourd'hui, nous travaillons presque chaque jour et ce métier nous permet de faire vivre nos familles », explique-t-il.
Pour ce professionnel, le développement des nouvelles technologies et la multiplication des engins motorisés renforcent davantage le besoin de techniciens qualifiés dans plusieurs domaines.
Au-delà de l'aspect financier, Ibrahim Nduaya considère la mécanique comme une véritable vocation. Il encourage les jeunes à s'intéresser aux métiers techniques et invite les mécaniciens à exercer leur profession avec sérieux, rigueur et professionnalisme.
À Gemena, l'évolution de cette profession illustre également le changement progressif du regard porté sur les métiers manuels, désormais perçus comme des filières capables d'offrir des perspectives d'emploi et de contribuer au développement économique local.
Souleymane Nvenimbi
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