Les États-Unis ont décidé de renforcer leurs mesures sanitaires face à l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. L'administration du président Donald Trump a annoncé que les citoyens américains se trouvant en RDC ne pourront plus regagner directement le territoire américain par des vols commerciaux. Ils devront désormais séjourner pendant 21 jours dans un pays tiers avant d'être autorisés à rentrer aux États-Unis.
L'information, révélée le lundi 13 juillet 2026 par un responsable de la Maison-Blanche à l'agence Reuters, s'appuie sur une disposition du Title 49, permettant d'inscrire temporairement des voyageurs sur une liste d'interdiction d'embarquement (« do-not-board ») pour des raisons de santé publique.
Cette période de vingt et un jours correspond à la durée maximale d'incubation du virus Ebola. Durant cette attente, le Département d'État américain affirme qu'il apportera une assistance consulaire aux ressortissants concernés.
Quelques heures avant cette annonce, le secrétaire américain à la Santé, Robert Kennedy Jr., avait justifié cette mesure par l'évolution de l'épidémie, estimant que le virus progressait dangereusement sur le territoire congolais.
Toutefois, les données publiées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) montrent que les principaux foyers de transmission restent concentrés dans le nord-est de la RDC, notamment dans les provinces de l'Ituri, de la Tshopo et du Haut-Uélé, à plus de 1 500 kilomètres de Kinshasa. Aucun cas confirmé n'a été signalé dans la capitale congolaise.
Cette décision américaine intervient après la confirmation de plusieurs contaminations concernant des ressortissants des États-Unis ayant séjourné en RDC. Le 10 juillet, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé qu'un travailleur humanitaire américain avait été testé positif à la souche Bundibugyo. Un autre citoyen américain infecté est actuellement pris en charge dans un hôpital universitaire de Francfort, en Allemagne, après avoir été évacué de RDC.
Selon les derniers chiffres communiqués par les autorités sanitaires, l'épidémie totalise 1 926 cas confirmés et 702 décès. La souche Bundibugyo à l'origine de cette flambée ne dispose toujours ni d'un vaccin homologué ni d'un traitement spécifique approuvé.
Washington avait déjà commencé à durcir ses mesures dès le mois de mai en suspendant certains services de visas à Kinshasa et en déconseillant les voyages vers la République démocratique du Congo.
La mesure annoncée cette semaine ne constitue toutefois ni une fermeture des frontières congolaises ni une interdiction générale des vols entre les deux pays. Elle concerne uniquement les citoyens américains souhaitant rentrer aux États-Unis après un séjour en RDC.
À ce stade, les autorités congolaises n'ont pas officiellement réagi à cette décision. De son côté, le gouvernement poursuit la riposte sanitaire sous la coordination du ministère de la Santé et du virologue Steve Ahuka, tout en intensifiant les efforts de surveillance, de prise en charge des malades et de sensibilisation des populations afin de contenir la propagation du virus.
Abdoul Madjid Koyakele
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