La troisième audience d'instruction du procès de l'ancien chef d'état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général d'armée Christian Tshiwewe, et de ses neuf coprévenus s'ouvre ce mardi 21 juillet 2026 devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Avant même l'examen des faits qui leur sont reprochés, la défense entend déplacer le débat sur le terrain procédural en réclamant notamment une mise en liberté provisoire.
À travers des mémoires uniques déposés auprès de la juridiction, les avocats estiment que la Haute Cour militaire doit examiner en priorité les exceptions de procédure avant d'aborder le fond de l'affaire. Selon eux, plusieurs interrogations entourent les conditions d'arrestation et de détention des prévenus.
L'un des conseils de la défense, Me Papy Niango Iziamay Munshemvula, soutient que les circonstances de l'interpellation de ses clients justifient un examen préalable de la régularité de la procédure.
« Arrêtés et détenus dans des circonstances qui appellent des doutes, nous devons dénoncer, entre autres, les conditions de leurs arrestations et de leurs détentions. Lorsqu'un prévenu devant les juges militaires dépose un mémoire unique, il devient demandeur par incident. Celui qui doit être prêt à répondre aux moyens qui seront relevés, c'est plutôt l'accusation, en la personne de l'auditeur général des FARDC », a-t-il déclaré.
La défense souhaite ainsi obtenir que la Haute Cour militaire statue d'abord sur les irrégularités qu'elle dénonce, notamment la demande de liberté provisoire, avant l'ouverture des débats sur les infractions retenues contre les prévenus.
Même position du côté de Me Parfait Kanyanga, avocat du général Christian Tshiwewe, qui estime que toutes les exigences procédurales ont été respectées par son client.
« Nous avons déposé les mémoires uniques et nous devons d'abord exposer les moyens développés dans ces mémoires. Ce n'est qu'après que nous aborderons le fond de l'affaire. Le général d'armée Christian Tshiwewe a déposé son mémoire unique par mon entremise, en ma qualité de conseil », a-t-il expliqué.
Le général Christian Tshiwewe et les autres prévenus sont poursuivis pour plusieurs infractions, dont le complot, la trahison, l'apologie du terrorisme, la propagation de faux bruits, la désertion à l'étranger, la détention illégale d'armes et de munitions de guerre, ainsi que l'incitation des militaires à des actes contraires au devoir et à la discipline.
Cette troisième audience pourrait constituer une étape importante de la procédure. Si la Haute Cour militaire accueille favorablement les exceptions soulevées par la défense, les prévenus pourraient comparaître en liberté provisoire durant la suite du procès. En revanche, si ces demandes sont rejetées, leur maintien en détention se poursuivra jusqu'à la prochaine phase de l'instruction ou à la décision finale de la juridiction.
La décision attendue de la Haute Cour militaire sera donc déterminante pour la suite de cette affaire, tout en laissant intacte la présomption d'innocence dont bénéficient les prévenus jusqu'à l'issue définitive de la procédure judiciaire.
Blaise Abita
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