Le professeur Tharcisse Loseke Nembalemba a livré un témoignage inédit sur un épisode qu'il situe en janvier 1988, durant le régime du président Mobutu Sese Seko. Invité mercredi 22 Juillet 2026 au Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le neurologue a affirmé avoir subi des pressions après avoir refusé de conclure à une prétendue maladie mentale de l'opposant Étienne Tshisekedi.
Selon son récit, les faits remontent à la suite d'une agression dont aurait été victime Étienne Tshisekedi lors d'un meeting organisé au Pont Kasa-Vubu. Blessé à la tête, l'opposant aurait ensuite été conduit à la prison centrale de Makala avant d'être présenté devant un magistrat dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Le professeur Loseke explique que, durant cette audition, Étienne Tshisekedi aurait multiplié les propos virulents à l'encontre de plusieurs responsables du régime, notamment du magistrat Singa Udjuu ainsi que du président Mobutu. D'après lui, cette attitude aurait conduit certaines autorités à envisager une expertise psychiatrique afin d'établir que l'opposant souffrait de troubles mentaux.
En effet, une réquisition médicale aurait été ordonnée par le procureur Mongolu, conduisant le professeur Loseke, alors médecin au Centre neuropsychopathologique (CNPP), à examiner Étienne Tshisekedi sous escorte des forces de sécurité.
Le neurologue rapporte qu'au cours de cette journée d'examen, l'opposant refusait de s'alimenter depuis plusieurs jours par crainte d'un empoisonnement. Il affirme qu'Étienne Tshisekedi n'aurait accepté de manger qu'après avoir reçu de la nourriture achetée directement par lui-même, un geste qui aurait permis d'instaurer un climat de confiance entre les deux hommes.
À l'issue de cette expertise médicale, le professeur affirme avoir conclu que l'opposant ne présentait aucun trouble psychiatrique. Selon lui, les réactions observées traduisaient avant tout la colère d'un homme qui estimait avoir été victime d'une tentative d'assassinat.
Cependant, le professeur Loseke soutient que son rapport aurait été contesté par certaines autorités judiciaires de l'époque. Il affirme avoir reçu des pressions pour modifier ses conclusions afin de faire reconnaître Étienne Tshisekedi comme atteint de troubles mentaux. Selon son témoignage, il aurait catégoriquement refusé de revenir sur son expertise.
Toujours selon ses déclarations, ce refus lui aurait valu d'être arrêté à son retour de Gbadolite. Il affirme avoir passé une semaine en détention dans les locaux du Casier judiciaire avant d'être libéré grâce à la mobilisation des médias internationaux et de plusieurs proches d'Étienne Tshisekedi.
Le professeur a également évoqué un dernier échange avec l'opposant. Il affirme lui avoir proposé une prise en charge médicale à la clinique Ngaliema pour soigner sa blessure à la tête, une offre qu'Étienne Tshisekedi aurait déclinée, préférant rester en détention.
Ces déclarations, livrées plusieurs décennies après les faits, constituent le témoignage personnel du professeur Tharcisse Loseke sur un épisode marquant de l'histoire politique de la République démocratique du Congo. À ce stade, les affirmations rapportées lors de cet entretien n'ont pas fait l'objet d'une confirmation indépendante.
Abdoul Madjid Koyakele
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