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RDC : la LUCHA soutient le dialogue national, mais fixe ses conditions à Félix Tshisekedi

RDC : la LUCHA soutient le dialogue national, mais fixe ses conditions à Félix Tshisekedi

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a réagi à l'annonce du dialogue national inclusif faite par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans un communiqué publié le 22 juillet, l'organisation se dit favorable à cette initiative, tout en estimant que ces futures assises ne doivent pas servir de mécanisme de maintien au pouvoir ni se limiter à un partage des responsabilités politiques.

Pour la LUCHA, le dialogue intervient dans un contexte marqué par une profonde crise sécuritaire, politique et humanitaire. Le mouvement évoque notamment les violences qui continuent de frapper les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, où plusieurs groupes armés, dont les ADF, le M23, la CODECO et la CRP de Thomas Lubanga, sont accusés d'être responsables de massacres contre les populations civiles.

Selon l'organisation citoyenne, cette situation traduit un affaiblissement des institutions publiques et appelle une réponse politique à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté. Elle plaide ainsi pour un dialogue national fondé sur la vérité, la justice et la réconciliation afin de contribuer au rétablissement de la paix et au renforcement de l'État.

Cependant, la LUCHA estime que ce processus ne peut produire des résultats crédibles qu'à certaines conditions. Le mouvement avertit que le dialogue ne doit pas devenir un instrument destiné à prolonger le pouvoir en place ou à négocier des postes politiques au détriment des attentes des populations et des victimes des conflits.

Parmi les principales exigences formulées figure l'instauration d'un climat politique apaisé avant l'ouverture des discussions. La LUCHA réclame notamment la libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion, ainsi que des mesures de décrispation sur l'ensemble du territoire national afin de favoriser une participation libre des différentes composantes de la société.

Le mouvement insiste également sur le respect strict de la Constitution. Il rejette toute initiative susceptible de conduire à une modification de la loi fondamentale dans le but de satisfaire des intérêts particuliers ou des ambitions politiques personnelles. Pour la LUCHA, la Constitution doit demeurer le socle sur lequel reposera le futur dialogue.

En outre, l'organisation plaide pour un processus véritablement inclusif. Elle estime que les assises devraient réunir non seulement les institutions et les partis politiques, mais aussi les organisations de la société civile, les mouvements citoyens, les défenseurs des droits humains, les représentants des femmes et des jeunes, la diaspora ainsi que les victimes des conflits armés.

La question de la participation des groupes armés est également abordée dans le communiqué. Selon la LUCHA, leur éventuelle présence au dialogue ne devrait en aucun cas être interprétée comme une forme d'amnistie ou de légitimation de leurs actes. Le mouvement considère que leur implication ne pourrait se justifier que dans la perspective de faciliter l'application des résolutions qui seront adoptées à l'issue des discussions.

Par ailleurs, la LUCHA recommande la création d'un mécanisme indépendant chargé d'assurer le suivi et l'évaluation de la mise en œuvre des engagements issus du dialogue. Une telle structure permettrait, selon elle, de renforcer la crédibilité du processus et d'éviter que les recommandations formulées restent sans effet.

Cette prise de position intervient alors que les modalités pratiques du dialogue restent encore attendues. D'après le cardinal Fridolin Ambongo, les conditions d'organisation de ces assises devraient être précisées dans une ordonnance présidentielle annoncée par les autorités.

Sur le plan politique, cette initiative a déjà eu des répercussions au sein de l'opposition. La manifestation prévue le 22 juillet pour réclamer la démission du président Félix Tshisekedi et dénoncer un éventuel projet de révision constitutionnelle a finalement été suspendue. Les organisateurs expliquent vouloir laisser une chance au processus de dialogue jusqu'au 15 août. Ils préviennent toutefois que les actions de mobilisation pourraient reprendre si les engagements annoncés ne se concrétisent pas.

Invité récemment à un espace de discussion organisé sur le réseau social X par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Delly Sesanga a également réaffirmé que la coalition C64 maintenait sa confiance dans le soutien populaire malgré le report de cette manifestation.

Il sied de rappeler que l'annonce du dialogue national intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo demeure confrontée à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale, à des tensions politiques internes et à d'importants défis institutionnels. Les prochaines semaines devraient permettre de préciser les contours de ce processus, dont les attentes sont nombreuses aussi bien au sein de la classe politique que de la société civile.

Mathe Fabrice

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