Au moins 26 personnes sont décédées des suites de la malnutrition dans le village de Wema, situé dans le territoire de Kiri, en province du Maï-Ndombe. Selon des informations rapportées par ACTUALITÉ.CD, quatorze de ces décès ont été enregistrés au cours du seul mois de juillet, une situation qui suscite une vive inquiétude des autorités sanitaires provinciales.
Face à la multiplication des alertes signalant des décès d'origine encore mal identifiée, le gouvernement provincial a dépêché une équipe médicale sur place afin d'évaluer la situation. Les investigations menées par les services de santé ont permis d'établir que la malnutrition constitue la principale cause de cette crise sanitaire qui frappe la région depuis plusieurs mois.
Les données recueillies montrent que les populations autochtones pygmées sont les plus durement touchées. Sur les 26 décès recensés entre janvier et juillet, 22 concernent des membres de cette communauté, particulièrement vulnérable en raison de ses conditions de vie précaires et de son accès limité aux soins de santé ainsi qu'à une alimentation équilibrée.
Selon les responsables sanitaires, les personnes atteintes présentaient plusieurs symptômes, notamment de la fièvre, des maux de tête, ainsi qu'un gonflement des jambes et du visage. Les cas recensés concernent principalement des personnes âgées de 2 à 50 ans, traduisant une crise nutritionnelle qui affecte différentes catégories de la population.
En effet, la détérioration de la situation alimentaire dans cette partie du Maï-Ndombe est attribuée à plusieurs facteurs, notamment la rareté des denrées alimentaires, les difficultés d'accès aux zones de production et la vulnérabilité économique de nombreuses familles. Ces conditions favorisent l'apparition de cas sévères de malnutrition, avec des conséquences parfois mortelles lorsque la prise en charge intervient tardivement.
Pour répondre à cette urgence, une réunion stratégique a été organisée samedi à Inongo sous la présidence du gouverneur de province, Nkoso Kevani. À l'issue de cette rencontre, plusieurs mesures ont été arrêtées afin de limiter la progression de la crise.
Les autorités provinciales ont notamment décidé d'acheminer des kits alimentaires d'urgence destinés aux populations les plus affectées. Cette assistance doit permettre d'améliorer rapidement la prise en charge nutritionnelle des personnes souffrant de malnutrition et de prévenir de nouveaux décès.
Par ailleurs, le gouvernement provincial prévoit d'étendre à Wema le programme « Elenge longa nzala », qui signifie « Jeunes, luttez contre la faim ». Cette initiative repose sur le développement des activités agricoles et de la pêche afin de renforcer durablement la sécurité alimentaire dans les communautés rurales confrontées à la famine.
Le ministre provincial de la Santé, Dr Dido Mpia Nsele, a confirmé que les premières distributions de vivres devraient débuter dès le début de la semaine, tout en précisant que les équipes sanitaires poursuivront le suivi des cas recensés dans la zone de santé concernée.
« Après les investigations, il s'est avéré qu'il y a eu 26 décès de janvier à juillet. Pour ce mois seulement, nous avons enregistré 14 décès. Nous avons tenu une réunion stratégique avec le gouverneur de province qui a instruit la Division provinciale de la santé de proposer un kit alimentaire d'urgence qui sera distribué dès lundi dans la zone de santé pour prendre en charge ces cas de malnutrition. Au même moment, il a prévu l'extension du programme Elenge longa nzala pour lutter contre la malnutrition dans cette partie de la province », a déclaré le ministre provincial de la Santé.
Cependant, au-delà de cette réponse d'urgence, plusieurs observateurs estiment que la situation met en évidence les défis persistants auxquels font face les populations rurales du Maï-Ndombe. L'accès limité aux infrastructures de santé, les difficultés d'approvisionnement en produits alimentaires et la pauvreté chronique continuent d'exposer de nombreuses familles à l'insécurité alimentaire.
Il sied de rappeler que la malnutrition demeure l'un des principaux problèmes de santé publique en République démocratique du Congo. Les autorités provinciales espèrent que les mesures engagées permettront non seulement de répondre à l'urgence actuelle, mais aussi de renforcer durablement la résilience des communautés grâce au développement de la production agricole et halieutique.
Abdoul Madjid Koyakele
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