Une vive tension a marqué l'audience de ce lundi 27 juillet à la Cour de cassation, où Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a vivement contesté la procédure judiciaire engagée à son encontre. Au cours de cette audience, l'intéressé a dénoncé ce qu'il qualifie d'irrégularités dans le traitement de son dossier, affirmant être victime d'un acharnement judiciaire.
Face aux juges, Constant Mutamba est revenu sur le dossier relatif au Fonds de réparation et d'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en RDC (FRIVAO), qu'il considère comme une affaire déjà clôturée. Selon lui, cette procédure ne pouvait plus être rouverte dans les conditions actuelles.
« Ils se sont décidés de ressurgir un dossier qui avait déjà été clôturé, le dossier FRIVAO, un faux dossier », a déclaré l'ancien ministre devant la Cour, estimant que cette affaire avait été remise sur la table sans fondement valable.
En effet, Constant Mutamba affirme que les autorités judiciaires auraient initialement cherché à le faire comparaître comme simple témoin. Selon sa version des faits, cette démarche aurait nécessité sa sortie de l'hôpital, où il affirme être hospitalisé.
« Ils se sont organisés pour que Mutamba sorte de son lit d'hôpital pour venir comparaître comme un témoin », a-t-il poursuivi devant les magistrats.
Cependant, l'ancien Garde des Sceaux soutient qu'après l'échec de cette première démarche, son statut procédural aurait changé de manière inexpliquée. Il affirme être passé de celui de témoin à celui de prévenu à la suite de l'ouverture d'un nouveau dossier devant la Cour de cassation.
« Alors qu'ils n'ont pas réussi leur plan, automatiquement, miraculeusement, par sorcellerie, ils se sont mis à me transformer comme prévenu en ouvrant rapidement un autre dossier contre moi devant la Cour de cassation. Mais c'est extrêmement grave. Par quelle magie ? », a-t-il lancé au cours des échanges.
Ces déclarations ont donné lieu à une altercation verbale entre Constant Mutamba et les juges, dans une audience marquée par des échanges particulièrement tendus. L'ancien ministre a contesté la régularité de la procédure et dénoncé ce qu'il considère comme une instrumentalisation de la justice à son encontre.
À ce stade, la Cour de cassation ne s'est pas exprimée publiquement sur les accusations formulées par Constant Mutamba au cours de l'audience. Les magistrats poursuivent l'examen du dossier conformément à la procédure judiciaire en vigueur.
Cette affaire continue de susciter un vif intérêt au sein de l'opinion publique congolaise, en raison de la qualité de l'ancien ministre et des enjeux politiques et judiciaires qu'elle soulève. Les partisans de Constant Mutamba dénoncent une procédure qu'ils jugent irrégulière, tandis que d'autres observateurs estiment qu'il appartient à la justice de poursuivre son travail en toute indépendance et dans le respect des garanties prévues par la loi.
Il sied de rappeler que, conformément au principe de la présomption d'innocence, toute personne poursuivie devant les juridictions congolaises est considérée comme innocente jusqu'à ce qu'une décision de justice définitive établisse sa culpabilité. L'évolution de cette procédure sera suivie de près, alors que la Cour de cassation poursuit l'instruction de cette affaire.
Abdoul Madjid Koyakele
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