Une nouvelle étape vient d'être franchie dans les investigations sur les violences commises dans la province du Sud-Kivu. Les autorités judiciaires militaires annoncent la découverte de 11 fosses communes dans les cités de Sange et Luvungi, en territoire d'Uvira, près de sept mois après le massacre de plusieurs civils survenu le 7 décembre 2025. Ces exhumations interviennent dans le cadre d'une enquête conduite par l'Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu, avec l'appui de la 33ᵉ région militaire.
Selon les informations communiquées par le colonel magistrat Kumbu Ngoma, auditeur supérieur militaire du Sud-Kivu, cette mission vise à documenter les violations graves commises contre les populations civiles et à réunir les éléments de preuve nécessaires en vue d'éventuelles poursuites judiciaires.
En effet, les investigations portent sur les massacres attribués aux rebelles de l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) dans plusieurs localités de la province. La découverte de ces fosses communes pourrait permettre aux enquêteurs d'établir avec davantage de précision le nombre de victimes ainsi que les circonstances dans lesquelles elles ont perdu la vie.
Parallèlement, les magistrats militaires enquêtent également sur un autre drame survenu dans le territoire de Fizi, où plus de 50 personnes auraient été tuées lors de bombardements enregistrés dans la nuit du 7 au 8 juillet 2026. Les autorités judiciaires cherchent à déterminer les responsabilités liées à cette attaque qui a profondément marqué les populations de cette partie du Sud-Kivu.
Selon le colonel Kumbu Ngoma, ces différentes enquêtes s'inscrivent dans la volonté de lutter contre l'impunité et de faire la lumière sur les violations présumées du droit international humanitaire commises dans l'est de la République démocratique du Congo.
À l'issue des premières investigations, l'Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu annonce l'ouverture de procédures judiciaires contre plusieurs responsables présumés de l'AFC/M23. Parmi les personnalités citées figurent Bertrand Bisimwa, présenté comme l'un des dirigeants du mouvement, ainsi que d'autres responsables que la justice militaire considère comme susceptibles d'être impliqués dans les faits faisant l'objet des enquêtes.
Cependant, les autorités judiciaires n'ont pas encore communiqué de détails sur les éléments de preuve recueillis ni sur les étapes suivantes de la procédure. Les investigations se poursuivent afin de consolider les dossiers avant toute évolution judiciaire.
Cette initiative intervient dans un contexte où les organisations nationales et internationales de défense des droits humains multiplient les appels à la lutte contre l'impunité dans l'est du pays. Depuis plusieurs années, les conflits armés qui secouent les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont entraîné des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et de nombreuses violations des droits fondamentaux.
Par ailleurs, plusieurs mécanismes nationaux et internationaux continuent de documenter les exactions commises contre les civils dans les zones affectées par les affrontements. Les autorités congolaises affirment, pour leur part, leur volonté de renforcer les actions judiciaires afin que les auteurs présumés de crimes répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Il sied de rappeler que les informations relatives à la découverte des fosses communes et à l'ouverture de ces enquêtes ont été rendues publiques par le colonel magistrat Kumbu Ngoma, auditeur supérieur militaire du Sud-Kivu. Les conclusions définitives dépendront de l'évolution des investigations en cours et des résultats des expertises judiciaires qui seront réalisées dans les prochaines semaines.
Abdoul Madjid Koyakele
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