L'Ouganda a officiellement annoncé, mardi, la fin de l'épidémie d'Ebola de 2026, après avoir achevé la période de surveillance de 42 jours recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sans enregistrer de nouveau cas. Cette annonce, faite par le ministère ougandais de la Santé, marque une étape importante dans la lutte contre cette maladie virale, tout en rappelant que le risque demeure présent dans la région en raison de la poursuite de l'épidémie en République démocratique du Congo.
Selon les autorités sanitaires, la période de surveillance a débuté le 16 juin, date à laquelle le dernier patient contaminé localement a quitté le centre de traitement après sa guérison. Durant les six semaines qui ont suivi, un dispositif de surveillance renforcé a été déployé sur l'ensemble du territoire afin de détecter rapidement toute nouvelle infection. Aucune contamination supplémentaire n'a toutefois été signalée.
Le ministère de la Santé indique que cette flambée épidémique était liée à un événement d'importation parfaitement identifié. Les enquêtes sanitaires ont permis de retracer l'origine de l'infection, de reconstituer les différentes chaînes de transmission et d'identifier toutes les personnes ayant été en contact avec les malades. Ces dernières ont été placées sous surveillance sanitaire pendant 21 jours, sans qu'aucun nouveau cas ne soit enregistré.
L'épidémie avait été déclarée officiellement le 15 mai 2026, après la confirmation de plusieurs cas importés depuis la République démocratique du Congo. Au total, l'Ouganda a recensé 20 cas confirmés, dont 18 personnes guéries et deux décès. Parmi ces cas, 15 concernaient des personnes infectées en RDC, tandis que cinq agents de santé ougandais avaient contracté le virus lors de la prise en charge des patients.
En effet, les autorités attribuent cette maîtrise rapide de l'épidémie aux investissements réalisés ces dernières années dans le système national de santé. Elles mettent notamment en avant le renforcement des capacités des laboratoires, l'efficacité du dispositif de recherche des contacts, la formation du personnel médical ainsi que la collaboration avec les communautés locales pour sensibiliser la population aux mesures de prévention.
Cependant, Kampala souligne que cette déclaration de fin d'épidémie ne signifie pas la disparition du risque. Les autorités rappellent que la République démocratique du Congo continue de faire face à des cas d'Ebola, ce qui impose le maintien d'une vigilance élevée, en particulier dans les zones frontalières où les mouvements de population sont fréquents.
Dans cette perspective, l'Ouganda poursuit sa coopération avec les autorités congolaises afin de prévenir toute propagation transfrontalière du virus. Les deux pays ont récemment signé un protocole d'accord visant à renforcer la coordination des interventions sanitaires et le partage des informations en cas d'apparition de nouveaux cas.
Par ailleurs, l'Ouganda a contribué au renforcement des capacités de riposte en RDC grâce à l'installation de deux laboratoires mobiles ainsi que de deux unités de traitement d'une capacité totale de 80 lits dans les localités d'Aru et de Kasenyi. Ces infrastructures doivent permettre une prise en charge rapide des éventuels malades et améliorer la détection précoce des infections.
Le gouvernement ougandais appelle également les populations vivant près des frontières à faire preuve de vigilance. Les habitants sont invités à signaler toute entrée irrégulière sur le territoire ainsi que toute personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola, notamment une forte fièvre, des vomissements ou des saignements inexpliqués.
Il sied de rappeler que, malgré la fin officielle de cette épidémie sur son territoire, l'Ouganda maintient l'ensemble de ses dispositifs de surveillance sanitaire. Les autorités assurent toutefois que le pays reste ouvert aux échanges commerciaux, au tourisme et aux investissements, tout en poursuivant les mesures destinées à protéger la santé publique et à prévenir une éventuelle résurgence du virus.
Abdoul Madjid Koyakele
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