La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, mardi 28 juillet 2026 à Kinshasa, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau. Cette rencontre a été consacrée au renforcement de la coopération entre le gouvernement congolais et l'agence des Nations unies dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la sécurité alimentaire, la nutrition, les cantines scolaires ainsi que l'appui à la réponse contre la maladie à virus Ebola.
Les échanges entre les deux parties interviennent dans un contexte où la RDC fait face à plusieurs défis humanitaires et sociaux, notamment dans les zones touchées par les conflits, les déplacements de populations et les crises sanitaires. Pour le gouvernement, le partenariat avec le PAM constitue un levier important pour améliorer l'accès des populations vulnérables à une alimentation suffisante et de qualité.
À l'issue de cette rencontre, Kinshasa et le PAM ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration autour du futur plan stratégique de l'agence onusienne pour la période 2027-2030. Cette nouvelle feuille de route devrait permettre d'orienter les interventions du PAM en République démocratique du Congo en fonction des besoins prioritaires du pays et des objectifs de développement définis par les autorités.
En effet, la question de la sécurité alimentaire demeure un enjeu majeur pour la RDC, où une partie importante de la population reste exposée aux conséquences de la pauvreté, des déplacements forcés et des perturbations des activités agricoles. Dans plusieurs régions, les difficultés d'accès aux produits alimentaires sont également aggravées par l'insécurité et la faiblesse des infrastructures de transport.
Le PAM a, par ailleurs, renouvelé son engagement à soutenir les autorités congolaises dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. L'agence entend notamment apporter son expertise et son appui logistique dans les zones concernées afin de contribuer à la prise en charge des besoins alimentaires des personnes affectées par la crise sanitaire ainsi que des équipes mobilisées dans la réponse.
Cette coopération sanitaire s'inscrit dans une approche plus large visant à limiter les conséquences sociales et économiques des épidémies. En situation d'urgence, l'accès à une alimentation adéquate constitue en effet un élément essentiel pour les communautés touchées, particulièrement pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes les plus vulnérables.
Par ailleurs, le gouvernement et le Programme alimentaire mondial souhaitent renforcer le programme national de cantines scolaires afin d'en élargir progressivement la couverture. L'objectif annoncé est de permettre à près d'un million d'enfants de bénéficier d'un meilleur accès à une alimentation saine et équilibrée dans les établissements scolaires.
Au-delà de l'aspect nutritionnel, cette initiative vise également à soutenir l'économie locale. Le modèle envisagé repose notamment sur l'approvisionnement des cantines en produits agricoles issus de la production locale. Une telle approche permettrait de créer un lien direct entre les établissements scolaires et les producteurs congolais, tout en offrant aux agriculteurs des débouchés plus réguliers pour leurs récoltes.
Selon cette orientation, les cantines scolaires ne seraient donc pas uniquement considérées comme des dispositifs destinés à améliorer l'alimentation des élèves. Elles pourraient également contribuer au développement des chaînes de valeur agricoles, à la création de revenus dans les communautés rurales et au renforcement des économies locales.
Cependant, l'extension d'un tel programme à près d'un million d'enfants nécessite des moyens importants, notamment en matière de financement, de production agricole, de stockage, de transport et de distribution. La réussite de cette politique dépendra également de la capacité des différents partenaires à assurer un approvisionnement régulier et de qualité dans les écoles concernées.
Pour le gouvernement congolais, l'investissement dans la nutrition scolaire constitue aussi un moyen de renforcer le capital humain. Un enfant correctement nourri dispose de meilleures conditions pour apprendre, rester régulièrement à l'école et développer ses capacités. La politique des cantines scolaires peut ainsi contribuer à la fois à la lutte contre la malnutrition et à l'amélioration des conditions d'apprentissage.
La rencontre entre Judith Suminwa et Carl Skau intervient également dans le cadre des efforts engagés par les autorités pour répondre aux différentes crises humanitaires qui affectent le pays. Dans plusieurs provinces, notamment celles confrontées aux conflits armés, les besoins en assistance alimentaire restent importants et nécessitent une coordination étroite entre le gouvernement, les agences des Nations unies et les organisations humanitaires.
Il sied de rappeler que le Programme alimentaire mondial intervient depuis plusieurs années en République démocratique du Congo dans les domaines de l'aide alimentaire, de la nutrition, de la résilience des communautés et de la réponse aux situations d'urgence. Le renforcement de ce partenariat pourrait ainsi permettre d'améliorer la coordination des interventions et de mieux cibler les populations les plus vulnérables.
À travers cette nouvelle dynamique, le gouvernement Suminwa et le PAM affichent leur volonté de faire de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du développement du capital humain des priorités de leur coopération. La mise en œuvre du futur plan stratégique 2027-2030 constituera, à cet égard, une étape importante pour traduire ces engagements en actions concrètes au bénéfice des populations congolaises.
Abdoul Madjid Koyakele
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