Les forces vives de la chefferie des Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, ont annoncé une série d’actions de protestation pour dénoncer la persistance de l’insécurité provoquée par les attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Réunis en assemblée générale ce jeudi 30 juillet 2026 à Byakato, les représentants de la société civile, les défenseurs des droits humains et plusieurs acteurs locaux ont décidé d’appeler la population à observer deux journées sans activités sur l’ensemble de la chefferie. Cette mesure est prévue pour les lundi 3 et mardi 4 août 2026.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une multiplication des violences armées dans plusieurs zones du territoire de Mambasa. Les habitants dénoncent notamment les attaques répétées contre les civils, les déplacements forcés des populations ainsi que l’insécurité qui affecte les activités économiques et sociales.
En effet, les forces vives estiment que la situation actuelle ne permet plus aux habitants de mener une vie normale. Selon elles, les populations sont contraintes de vivre dans la peur permanente, avec des conséquences importantes sur leurs moyens de subsistance.
Au-delà de la grève, les organisateurs annoncent également le lancement d’un mouvement d’incivisme fiscal à partir du lundi, après une marche pacifique prévue dans la région. Cette action vise à protester contre le paiement des taxes et impôts dans un environnement où les citoyens ne se sentent pas suffisamment protégés par les services de sécurité.
« Tout le monde devient déplacé de guerre. Il est impossible pour un déplacé de payer les taxes et impôts alors qu’il est pourchassé par les ADF », ont déclaré les représentants de la société civile locale.
Cependant, les initiateurs de cette mobilisation précisent que ces mesures pourront être levées uniquement après le lancement effectif d’opérations militaires considérées comme capables de neutraliser durablement les combattants ADF présents dans la région.
Les forces vives demandent ainsi aux autorités provinciales et nationales de renforcer les dispositifs sécuritaires dans la chefferie des Babila Babombi et dans l’ensemble du territoire de Mambasa. Elles appellent également à une meilleure protection des civils, régulièrement exposés aux violences des groupes armés.
Il sied de rappeler que le territoire de Mambasa fait partie des zones de l’Ituri confrontées depuis plusieurs années à l’activisme des ADF. Ces violences ont provoqué de nombreux déplacements de populations et continuent d’affecter profondément la vie quotidienne des communautés locales.
Face à cette situation, les acteurs de la société civile considèrent que la sécurité des habitants doit demeurer une priorité absolue pour les autorités congolaises afin de permettre le retour de la paix et la reprise normale des activités dans cette partie du pays.
Mathe Fabrice
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