La circulation est de nouveau perturbée sur la Route nationale numéro 6 (RN6), dans la province du Sud-Ubangi. Un tronçon situé à environ 35 kilomètres de Gemena, sur l’axe reliant cette ville à Akula, s’est effondré le jeudi 30 juillet 2026, quelques jours seulement après des travaux de rechargement réalisés sur cette partie de la route.
Cette nouvelle coupure suscite l’inquiétude des usagers et des habitants de la région, qui redoutent une interruption prolongée du trafic. Les véhicules, notamment ceux transportant des marchandises et des produits pétroliers, éprouvent désormais des difficultés à circuler sur cet axe considéré comme essentiel pour les échanges dans le Grand-Équateur.
Selon des témoignages recueillis auprès des habitants, la dégradation serait intervenue après une forte pluie enregistrée mercredi. Un camion Mercedes lourdement chargé, qui transportait du carburant en provenance du port d’Akula, aurait également été impliqué dans l’incident alors que son conducteur tentait d’éviter un accident.

Face à cette situation, plusieurs voix appellent les autorités à intervenir rapidement afin de rétablir la circulation et d’éviter une aggravation de la situation. Cette nouvelle dégradation intervient alors que des travaux de rechargement avaient récemment été effectués sur le tronçon par le gouvernement provincial.
Dans une déclaration faite à Kinshasa ce vendredi 31 juillet, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée (NP) et notable du Sud-Ubangi, a dénoncé la répétition des réparations temporaires sur cette infrastructure. Il estime que les interventions ponctuelles ne permettent pas de résoudre durablement les difficultés rencontrées par les usagers de la RN6.
« Encore une fois, la route Gemena-Akula est coupée. Combien de temps allons-nous continuer à réparer une route en terre qui montre ses limites à chaque saison des pluies ? », s’est-il interrogé.
Pour ce responsable politique, la situation de la RN6 dépasse les seuls intérêts de la province du Sud-Ubangi. Il considère cet axe comme une infrastructure essentielle pour le désenclavement économique du Grand-Équateur et le développement des échanges entre les différentes provinces de cet espace.
Andy Bemba plaide ainsi pour une solution durable à travers l’asphaltage de la route. Selon lui, environ 115 kilomètres devraient être aménagés afin de garantir une circulation plus régulière et de faciliter l’ouverture de la région aux activités économiques.
« La RN6 ne demande pas un miracle pour sa construction. Seulement 115 kilomètres à asphalter pour ouvrir durablement le Grand-Équateur au développement », a-t-il déclaré.
Cependant, la récurrence des coupures sur cet axe relance également le débat sur l’état général des infrastructures routières dans le Grand-Équateur. Durant la saison des pluies, plusieurs tronçons deviennent difficilement praticables, avec des conséquences directes sur le transport des personnes, des marchandises et des produits de première nécessité.
Pour les acteurs locaux, l’absence d’une infrastructure routière durable constitue également un frein aux investissements et à la circulation des produits agricoles. Les difficultés de transport peuvent entraîner une hausse des coûts logistiques et compliquer l’approvisionnement de certaines zones.
Il sied de rappeler que la RN6 joue un rôle important dans la connexion de plusieurs territoires du Grand-Équateur. Son état reste ainsi au cœur des préoccupations des habitants et des opérateurs économiques qui demandent depuis plusieurs années une intervention durable du gouvernement central.
La nouvelle coupure enregistrée à proximité de Gemena remet donc sur la table la question de l’asphaltage de cet axe. Pour les autorités, le défi consiste désormais à trouver une solution qui dépasse les simples opérations de réparation afin de garantir la durabilité des infrastructures et la continuité du trafic dans cette partie du pays.
Blaise ABITA
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