À Kananga, trois étudiants finalistes en Sciences économiques de l'Université Notre Dame du Kasaï (UKA) veulent contribuer à la valorisation des productions agricoles locales à travers un projet entrepreneurial baptisé ANAKAS, pour Ananas du Kasaï. Leur initiative vise à développer une unité de transformation de l'ananas destinée à produire et commercialiser un jus naturel fabriqué localement
Le projet est porté par Kanku Kanku André, Mpuka Mubalayi Michel et Muamba Mputu Jean, tous étudiants en troisième licence dans le système LMD. Installés dans le quartier Tubuluku, à Kananga, les trois jeunes souhaitent mettre leurs connaissances académiques au service d'une activité économique susceptible de créer de la valeur dans la province du Kasaï Central.
Selon ses concepteurs, ANAKAS prévoit la production d'un jus d'ananas sans colorants artificiels et sans conservateurs chimiques. Les promoteurs envisagent notamment l'utilisation de Cymbopogon citratus, communément appelée citronnelle, comme conservateur biologique naturel. Cette orientation vise à proposer un produit élaboré à partir d'ingrédients accessibles localement tout en répondant à une demande croissante pour des produits alimentaires naturels.
En effet, l'objectif du projet dépasse la seule commercialisation d'une boisson. Les étudiants veulent mettre en place une activité capable de contribuer à la réduction des pertes enregistrées après les récoltes, en offrant aux producteurs une possibilité supplémentaire d'écouler leur production. La transformation locale pourrait également permettre d'augmenter les revenus des agriculteurs et de créer de nouvelles opportunités d'emploi pour les jeunes.
Par ailleurs, les initiateurs d'ANAKAS misent sur le potentiel économique de la filière ananas dans le Kasaï Central. En développant progressivement la transformation sur place, ils souhaitent participer à la création d'une chaîne de valeur agricole qui associerait les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs.
Les promoteurs mettent également en avant les qualités nutritionnelles de l'ananas, notamment sa teneur en vitamine C et en composés naturellement présents dans ce fruit. À travers leur produit, ils souhaitent ainsi associer valorisation agricole et promotion d'une alimentation diversifiée.
Sur le plan académique et technique, le projet bénéficie de l'encadrement du Dr Ir Narcisse Mayitu Katambayi, avec l'accompagnement de Mme Alphonsine Mutombo. Cet appui vise notamment à améliorer la conception du projet et à étudier ses perspectives de développement vers une production plus importante.
Cependant, les trois étudiants reconnaissent que le passage d'une initiative universitaire à une véritable unité de production nécessite des moyens financiers, des équipements adaptés et un accompagnement technique. Ils lancent ainsi un appel aux investisseurs, partenaires techniques et structures d'accompagnement de l'entrepreneuriat intéressés par les projets de transformation agricole.
Pour les initiateurs, ANAKAS se veut avant tout une réponse locale à plusieurs défis économiques, notamment la faible transformation des produits agricoles, les pertes post-récolte et le manque d'opportunités professionnelles pour les jeunes. Leur ambition est de démontrer qu'une idée développée dans le milieu universitaire peut progressivement devenir une activité génératrice de revenus et d'emplois.
« ANAKAS, Ananas du Kasaï : le goût naturel de notre terre, la force de notre développement », résume la vision portée par les trois étudiants. Derrière cette formule, ils défendent l'idée d'une jeunesse capable de transformer les ressources disponibles dans son environnement en projets économiques concrets.
Il sied de rappeler que le développement de petites unités de transformation agroalimentaire peut contribuer à renforcer les économies locales en rapprochant les producteurs des marchés et en augmentant la valeur des produits agricoles. Dans cette perspective, l'initiative ANAKAS constitue une expérience entrepreneuriale universitaire dont les prochaines étapes dépendront notamment de sa capacité à mobiliser les financements et les équipements nécessaires à sa réalisation.
Blaise ABITA
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