Plus de 200 civils, enlevés par les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), ont réussi à s’échapper à la suite d’une opération militaire menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le territoire de Mambasa, en Ituri.
Selon plusieurs sources locales, ces personnes avaient été capturées le 29 juin dernier lors d’attaques attribuées aux ADF dans le carré minier de Pangoyi ainsi que dans la localité de TP, située dans la chefferie des Babila-Babombi. Elles auraient passé plusieurs semaines sous le contrôle des assaillants avant de retrouver leur liberté.
La fuite s’est produite le 28 juillet, à la faveur d’une offensive lancée par l’armée congolaise contre des positions des ADF à Munguiko, dans le secteur de Kanzambu. L’intervention militaire aurait provoqué une situation de confusion dont plusieurs otages ont profité pour quitter les lieux et se diriger vers des zones considérées comme plus sûres.
Des personnes ayant échappé à la captivité rapportent avoir profité de l’affrontement entre les forces armées et les combattants pour prendre la fuite. Après plusieurs semaines passées avec leurs ravisseurs, ces anciens otages tentent désormais de rejoindre leurs familles et leurs communautés d’origine.
L’information a été confirmée par Zephani Kataliko, défenseur des droits humains dans la chefferie des Babila-Babombi. Tout en saluant la libération de ces civils, il appelle les habitants à éviter tout acte de violence ou de représailles contre les personnes qui reviennent de captivité.
« Les civils qui reviennent de captivité ne doivent pas être victimes de justice populaire. Ils doivent être conduits auprès des autorités compétentes afin d’être identifiés, pris en charge et entendus », a-t-il insisté.
Cet appel intervient alors que le retour des anciens otages peut parfois susciter la méfiance au sein des communautés. Certains rescapés risquent d’être assimilés à tort aux combattants des ADF en raison de leur longue période passée entre les mains du groupe armé.
Les acteurs locaux des droits humains invitent ainsi la population à faire preuve de prudence et à collaborer avec les services de sécurité. L’objectif est d’assurer l’identification des rescapés, leur prise en charge et leur réintégration dans leurs communautés, tout en évitant des accusations pouvant conduire à des actes de violence.
Il sied de rappeler que le territoire de Mambasa reste confronté à une insécurité persistante liée aux activités des ADF. Les attaques contre les populations civiles ont provoqué d’importants déplacements et perturbé les activités économiques dans plusieurs zones de la chefferie des Babila-Babombi.
La libération de ces civils constitue ainsi un soulagement pour leurs proches, mais elle rappelle également l’ampleur du phénomène des enlèvements dans cette partie de l’Ituri et la nécessité de renforcer la protection des populations.
Mathe Fabrice
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