Le gouvernement congolais entend accélérer le développement de l’agriculture et faire de ce secteur l’un des principaux moteurs de la croissance économique en République démocratique du Congo. En mission de travail à Beni, dans la province du Nord-Kivu, le ministre d’État chargé de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a présenté les grandes lignes de cette ambition.
Intervenant ce jeudi 6 août 2026, le membre du gouvernement a expliqué que la politique agricole actuelle s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui souhaite renforcer la diversification de l’économie nationale à travers l’agriculture.
Selon Muhindo Nzangi, le chef de l’État lui a notamment demandé de faire de l’agriculture un secteur central dans la transformation économique du pays, avec une attention particulière accordée aux produits agricoles susceptibles de générer davantage de revenus à l’exportation.
« Le Président de la République m’a demandé de faire de l’agriculture le socle du développement et de la diversification de l’économie nationale », a déclaré le ministre, soulignant également la nécessité de développer les cultures pérennes à forte valeur ajoutée.
Dans cette perspective, le gouvernement mise notamment sur le cacao, le café et le palmier à huile. Ces filières sont considérées comme des secteurs à fort potentiel en raison de leur capacité à soutenir les revenus des producteurs, créer des emplois et accroître la présence de la RDC sur les marchés internationaux.
En effet, le ministre a annoncé un objectif particulièrement ambitieux : permettre à la République démocratique du Congo de devenir le premier producteur mondial de cacao au cours des cinq prochaines années.
Pour défendre cette perspective, Muhindo Nzangi a évoqué l’exemple de la Côte d’Ivoire, actuellement considérée comme le premier producteur mondial de cacao. Il a indiqué que ce pays fournit près de 40 % de la production mondiale grâce à une superficie consacrée à cette culture estimée à environ 2,2 millions d’hectares.
Le ministre estime que la RDC dispose de vastes espaces agricoles encore insuffisamment exploités et d’un potentiel foncier important. Il cite notamment la comparaison avec le territoire de Banalia, dont la superficie serait comparable à celle mobilisée par la Côte d’Ivoire pour sa production cacaoyère.
Cependant, atteindre un tel niveau de production nécessitera d’importants investissements. Le développement de la filière devra notamment passer par l’amélioration de l’accès aux semences de qualité, l’accompagnement des producteurs, le développement des infrastructures rurales ainsi que l’amélioration des voies de transport et des mécanismes de commercialisation.
Par ailleurs, la sécurisation des zones agricoles constitue également un enjeu majeur, particulièrement dans certaines régions de l’est du pays où l’insécurité affecte directement les activités économiques et le déplacement des populations.
À travers cette stratégie, les autorités congolaises souhaitent mieux exploiter le potentiel agricole du pays, augmenter les revenus des exploitants, développer les exportations et réduire progressivement la dépendance de l’économie nationale aux ressources minières.
Il sied de rappeler que la République démocratique du Congo dispose de vastes terres arables et d’un climat favorable à plusieurs cultures tropicales. La concrétisation de l’ambition annoncée par Muhindo Nzangi dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à transformer ce potentiel en une production structurée, compétitive et durable.
Mathe Fabrice
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.
Laisser un commentaire