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RDC : Olivier Kamitatu rejette l’« auto-exil » et accuse le pouvoir de choisir ses opposants

RDC : Olivier Kamitatu rejette l’« auto-exil » et accuse le pouvoir de choisir ses opposants

Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de l’opposant Moïse Katumbi, a rejeté l’idée selon laquelle il aurait choisi volontairement de vivre en exil. Invité samedi 8 août 2026 au Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a attribué son éloignement du pays au climat politique et aux pressions qu’il affirme avoir subies.

L’ancien président de l’Assemblée nationale dit notamment s’interroger sur la décision des autorités de lui retirer son passeport diplomatique à l’aéroport international de N’Djili. Selon lui, cette mesure n’aurait pas été appliquée de la même manière à d’autres anciens responsables institutionnels bénéficiant du même statut.

« Pourquoi m’a-t-on arraché mon passeport diplomatique à N’Djili, alors que tous les autres anciens chefs de corps y ont droit ? », s’est-il interrogé, estimant que cette décision constituait un signal politique dont il dit avoir compris la portée.

Olivier Kamitatu affirme également avoir été confronté à des pressions durant la période électorale. Il évoque notamment l’arrivée de militaires dans certaines zones et des opérations d’enrôlement collectif accompagnées, selon son témoignage, de menaces. Ces événements l’auraient conduit à anticiper ce qu’il considère comme une possible aggravation de sa situation.

En effet, le responsable politique estime que son cas ne peut être dissocié de la situation d’autres figures de l’opposition confrontées à des poursuites judiciaires ou à des détentions. Il cite notamment Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Nathanaël Onokomba, qu’il présente comme des exemples de responsables politiques actuellement privés de liberté.

Selon lui, les opposants qui refusent de se conformer aux attentes du pouvoir peuvent être confrontés à des poursuites, à des arrestations ou à l’exil. Il résume cette situation en affirmant que, pour certains acteurs politiques, « c’est l’exil ou la prison ».

Interrogé directement sur l’expression « auto-exilé », utilisée par certains responsables proches du pouvoir pour qualifier sa situation, Olivier Kamitatu a contesté cette formulation. Il estime qu’elle cherche à présenter son éloignement comme une décision personnelle indépendante de tout contexte politique.

Le directeur de cabinet de Moïse Katumbi affirme au contraire que les autorités savent quels profils d’opposants elles souhaitent avoir face à elles. Selon lui, le pouvoir privilégierait une opposition plus accommodante, alors qu’il ne se considère pas comme appartenant à cette catégorie.

« Le pouvoir sait très bien qui il veut voir comme opposant complaisant, et je ne fais pas partie de l’opposition choisie par le pouvoir », a-t-il déclaré.

Cependant, ces accusations interviennent dans un contexte politique congolais marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et plusieurs composantes de l’opposition. Les autorités n’ont pas, dans les éléments rapportés, fourni de réponse détaillée aux accusations formulées par Olivier Kamitatu concernant son passeport, les pressions électorales ou les raisons de son éloignement.

Il sied de rappeler que les débats autour de l’exil des opposants, des restrictions politiques et des procédures judiciaires visant certains responsables demeurent au cœur des préoccupations de plusieurs formations politiques congolaises. Les prochaines semaines pourraient ainsi être déterminantes pour l’évolution des relations entre le pouvoir et l’opposition.

Abdoul Madjid Koyakele 

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